Le Bénin tient désormais son premier trophée de The Voice Afrique francophone. Vendredi 14 août 2026, Saara Houansou a remporté la quatrième saison du télé-crochet panafricain, au terme d’une finale qui l’opposait au Congolais Original Ekwa, au Burundais Dreamer et au Malgache Val. Le public a largement choisi la candidate béninoise, qui a recueilli 60,08 % des suffrages. Cette victoire n’est pas arrivée par hasard. Dès les auditions à l’aveugle, Saara avait marqué les quatre coachs avec son interprétation de Fallin’ d’Alicia Keys. Les quatre fauteuils s’étaient retournés. Elle choisira finalement de rejoindre l’équipe de la chanteuse ivoirienne Josey.
La suite du parcours confirmera cette première impression. Après les Battles, Saara franchit les différentes étapes de la compétition jusqu’à la finale. Elle y interprète notamment Show Me the Way de Papa Wemba, partage un duo avec Josey et livre une dernière prestation sur Papaoutai de Stromae.Mais derrière la candidate de The Voice, il y a aussi une identité artistique et spirituelle particulière. *Saara Houansou est une fille de l’Église du Christianisme Céleste (ECC), une Église née au Bénin en 1947 sous l’impulsion du prophète-pasteur Samuel Biléhou Joseph Oshoffa. Des communautés célestes ont d’ailleurs publiquement revendiqué et célébré son parcours comme celui d’une des leurs.Cette appartenance prend un relief particulier lorsqu’on regarde l’histoire artistique de l’ECC.
Au Bénin, le Christianisme Céleste est depuis longtemps un véritable creuset musical. Les chorales y occupent une place centrale et l’Église dispose d’une tradition de chant particulièrement riche. Son règlement général des chorales prévoit d’ailleurs la participation de fidèles ayant des aptitudes au chant ou aux instruments.L’histoire musicale béninoise compte ainsi de nombreux artistes passés par cette école. Le musicien Jimmy Belah racontait avoir commencé la musique dès l’enfance au sein d’une chorale céleste, qu’il considérait comme le point de départ de sa formation musicale. Sam Sèwèdo a lui aussi reçu une formation de base dans une chorale de l’ECC, décrite comme une « bonne école de musique ».
Plus récemment, l’UECC Choir a été créée pour porter cette tradition chorale vers des standards de performance plus élevés.Saara s’inscrit donc dans une histoire où foi, voix et pratique musicale se côtoient depuis des générations. Le talent artistique dans l’Église du Christianisme Céleste n’est pas des moindres. Il a produit des chanteurs, des instrumentistes, des chefs de chœur et des compositeurs qui ont contribué à façonner une partie de la culture musicale béninoise.Avec Saara, cette tradition vient de franchir une nouvelle frontière.Son passage à The Voice Afrique francophone a permis au public continental de découvrir une voix béninoise à la fois maîtrisée, sensible et capable de s’approprier des répertoires très différents. Sa demi-finale, marquée par une interprétation de Wombo Lombo d’Angélique Kidjo, avait notamment permis à la jeune chanteuse de rendre hommage à celle qu’elle présente comme sa première source d’inspiration.
En finale, le verdict du public a été sans ambiguïté. 60,08 %. Un score qui transforme une belle aventure télévisuelle en événement pour la musique béninoise.Saara repart avec le trophée, mais aussi avec un accompagnement professionnel comprenant notamment l’enregistrement d’un EP avec Universal Music Group, ainsi que la production d’un single et de son clip.Pour le Bénin, c’est une première. Pour l’Église du Christianisme Céleste, c’est aussi une nouvelle lumière portée sur une tradition artistique qui mérite d’être davantage connue. Et pour Saara Houansou, le plus difficile commence peut-être maintenant : transformer la victoire en carrière.


