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Journée scientifique sur la SDSR et les VBG : Médecins du Monde Suisse et l’IFSIO placent la recherche au cœur de l’action

Faire de la recherche un levier d’amélioration et de progrès de la santé et des droits sexuels et reproductifs des jeunes. C’est l’ambition affichée lors de la journée scientifique organisée mercredi 30 septembre 2026 à l’Université de Parakou par Médecins du Monde Suisse au Bénin, en collaboration avec l’Institut de Formation en Soins Infirmiers et Obstétricaux (IFSIO).

La rencontre a réuni universitaires, chercheurs, professionnels de santé, acteurs communautaires, étudiants et partenaires autour des déterminants socioculturels, des perceptions et des attitudes en matière de santé et droits sexuels et reproductifs (SDSR) et de violences basées sur le genre (VBG).

Organisée dans le cadre du Projet RESPECT, cette journée scientifique a permis de présenter les résultats de plus d’une trentaine de recherches consacrées à la santé sexuelle et reproductive des adolescents, des adolescentes et des jeunes.
Les travaux ont notamment porté sur les normes et croyances socioculturelles, les dynamiques familiales et communautaires, ainsi que les perceptions et attitudes susceptibles d’influencer les comportements des jeunes.
Pour Isabelle Floréani, Coordinnatrice générale de Médecins du Monde Suisse au Bénin, cette initiative traduit la volonté de rapprocher la recherche des réalités du terrain. Le Projet RESPECT, mis en œuvre depuis 2021 avec l’appui financier d’Affaires mondiales Canada, vise notamment à renforcer la jouissance des droits relatifs à la santé des personnes en situation de vulnérabilité et de marginalisation, en particulier les adolescents et les jeunes de 10 à 24 ans.
Selon elle, les résultats des recherches doivent aller au-delà du cadre universitaire pour contribuer à l’amélioration des pratiques professionnelles, des programmes et, lorsque cela est pertinent, des politiques publiques.


La collaboration entre Médecins du Monde et l’IFSIO s’inscrit également dans cette dynamique. Elle a notamment permis de renforcer la prise en compte des VBG dans la formation des futurs professionnels de santé, afin de mieux les préparer à reconnaître les situations de violence, accueillir les victimes sans jugement, préserver la confidentialité, assurer une prise en charge adaptée et orienter les survivantes et survivants vers les services appropriés.
« La recherche ne doit pas seulement produire des connaissances »
Représentant le Recteur de l’Université de Parakou, le premier vice-recteur, Professeur Thierry Adoukonou, a salué une initiative qui rapproche la recherche des préoccupations concrètes des populations.
Il a rappelé que trois bourses ont été mises en place grâce à la collaboration entre l’Université de Parakou, à travers l’IFSIO, et Médecins du Monde Suisse, afin de soutenir la production et la valorisation des connaissances sur la santé et le bien-être des adolescents et des jeunes.
Pour lui, les questions de santé sexuelle et reproductive ne peuvent être analysées uniquement sous l’angle de l’offre de soins ou de l’accès à l’information. Les normes sociales et culturelles, les croyances, les perceptions, les relations familiales et communautaires et les conditions de vie jouent également un rôle important.
« La recherche ne doit pas seulement produire des connaissances, elle doit surtout permettre de comprendre pour mieux agir », a-t-il insisté.
Le premier vice-recteur a également plaidé pour une approche interdisciplinaire et multidisciplinaire, tout en appelant à considérer les jeunes comme des acteurs à part entière de la recherche et de la réflexion.

Au nom du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Michael Agounkpé, le représentant du ministre a insisté sur la nécessité de fonder les politiques publiques sur des données issues de la recherche scientifique.
Il a souligné que la santé sexuelle et reproductive des jeunes est également influencée par les normes sociales, les valeurs culturelles, les croyances, les relations familiales, les rapports entre les sexes, le niveau d’information et les conditions de vie.
La journée scientifique devait donc, selon lui, dépasser le simple cadre d’une restitution de résultats. Elle devait permettre de créer un dialogue entre chercheurs, professionnels, acteurs de terrain et décideurs, afin d’identifier les moyens de traduire les connaissances produites en actions concrètes.
L’amélioration de la formation des professionnels de santé, l’adaptation des stratégies d’information et d’éducation, la prise en compte des réalités socioculturelles et le renforcement de la prévention des VBG figurent parmi les pistes évoquées.

Directeur de l’IFSIO, le Professeur Adrien Montcho Hodonou s’est, pour sa part, réjoui de la mobilisation autour de cette rencontre. Il a considéré la participation des différents acteurs comme un signal favorable à l’ouverture du débat sur des sujets encore entourés de nombreux tabous.
« Votre présence massive est la preuve que vous êtes en accord avec nous pour rompre avec les tabous et interdits liés au sujet du jour : la santé de reproduction des jeunes, les VBG et autres », a-t-il déclaré.
Le directeur de l’IFSIO a également rappelé l’importance de la santé sexuelle et reproductive dans l’épanouissement des jeunes. Il a salué l’élargissement de la collaboration avec Médecins du Monde à la formation spécialisée en droits et santé sexuels et reproductifs, notamment avec l’intégration d’un module consacré au genre dans la formation de Master en DSSR. Il a par ailleurs félicité les trois bénéficiaires des bourses de recherche et encouragé les jeunes chercheurs à poursuivre leurs travaux.

  Au terme des échanges, la journée scientifique aura ainsi permis de rapprocher davantage la recherche, la formation et les réalités du terrain. Une démarche qui vise à faire des connaissances produites un véritable outil d’amélioration des pratiques et des interventions en faveur de la santé, des droits et du bien-être des adolescents et des jeunes.

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