Cette facette méconnue du politologue et président du Parti Libéral, Richard Boni Ouorou, est mise en lumière par Forbes Afrique.
À 50 ans, Richard Boni Ouorou incarne une figure de l’entrepreneuriat africain, à la fois enracinée dans les réalités rurales du Bénin et connectée aux dynamiques économiques mondiales. Originaire de Boko, village du nord du Bénin, il porte une trajectoire façonnée par la résilience et l’engagement social. De Montréal à Cotonou, en passant par Abidjan, son parcours reste un pont entre les marchés, les cultures et les aspirations d’un continent en quête de souveraineté économique.
Né d’une mère seule, dans une famille durement marquée par les difficultés, Richard Boni Ouorou revendique son histoire personnelle comme socle de sa détermination. Il parle avec émotion de cette femme qu’il qualifie de « courage incommensurable », et dont le combat quotidien pour élever ses enfants l’a poussé à chercher très tôt un avenir meilleur. Scolarisé au lycée Mathieu Bouké de Parakou, il s’oriente ensuite vers HEC Abidjan où il décroche en 2002 une maîtrise en ingénierie commerciale. C’est à Abidjan qu’il opte résolument pour le monde des affaires, guidé par le rêve de soulager les souffrances de sa mère, meurtrie par la perte de cinq de ses sept enfants faute de soins.
Loin de la carrière d’avocat qu’elle imaginait pour lui, il choisit d’entreprendre. Non pas pour lui-même, mais avec l’ambition de créer des espaces d’émancipation collective, convaincu que l’autonomie économique est une forme de défense des plus vulnérables. En lui, l’engagement personnel et l’ambition entrepreneuriale se confondent.
Frédéric Rosset, CEO de Peak Partners, qui l’a côtoyé dans plusieurs projets, le décrit comme un homme déterminé, cultivé, curieux, altruiste et fiable. Des qualités qui expliquent sans doute la confiance dont il bénéficie aujourd’hui dans les milieux d’affaires transcontinentaux. Malgré cette reconnaissance internationale, Richard Boni Ouorou garde les yeux tournés vers son pays.
Son retour au Bénin en 2024, après huit années passées à l’étranger, se veut un choix de responsabilité. Il dit vouloir contribuer activement à la transformation économique et démocratique du pays, dans un contexte où les avancées notables en matière de réformes restent fragiles, souvent compromises par les dérives politiques. Pour lui, la véritable rupture passe par une transformation des mentalités et des discours.

À peine revenu au Bénin, il lance un cabinet de développement économique et agricole, avec à la clé un fonds de 6 millions de dollars destiné à financer des projets agroalimentaires dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. À travers Terra-Ouorou Akiyo SARL, il pilote déjà l’exploitation de plus de 1 000 hectares de terres agricoles à Djougou, la construction d’un hôtel 4 étoiles, et le déploiement d’une chaîne de boulangeries. Chaque projet, explique-t-il, doit être un moteur de croissance locale, avec des emplois à la clé – plus d’une centaine générés quotidiennement.
Mais Richard Boni Ouorou ne se limite pas à la croissance économique. À travers sa Fondation Terrien-ne, il s’attaque aux défis essentiels des zones rurales : éducation, énergie, eau et entrepreneuriat. Il initie une tournée nationale pour identifier les besoins urgents. Des écoles sont construites ou rénovées, 500 lampadaires solaires sont installés dans les villages pour favoriser la révision des élèves le soir, et plusieurs forages réalisés dans des zones de tension hydrique, réduisant ainsi les conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Ses actions s’accompagnent d’une dynamique d’autonomisation des populations locales, notamment à travers les emplois générés dans la maintenance et l’entretien des infrastructures. Pour lui, le développement passe autant par les équipements que par la création d’un environnement humain et économique stable.

Dans sa vision globale, l’agriculture n’est qu’une porte d’entrée. Il diversifie ses investissements, avec Nanti International SARL à Lomé, spécialisée dans l’huile industrielle et la gestion de stations-service. En 2024, lors d’un passage à Paris, il identifie une opportunité dans la distribution audiovisuelle. Il devient alors l’investisseur principal de Yema Distribution, une start-up qui veut révolutionner la diffusion de contenus africains en Afrique francophone.
En 2025, face au besoin criant de données économiques fiables pour les investisseurs internationaux, il lance Blue Partners, une entreprise multinationale spécialisée dans la collecte et la valorisation de données économiques. Une manière de renforcer la transparence, pierre angulaire de l’attractivité du continent.
Ce bouillonnement d’initiatives a un seul fil conducteur : générer de la valeur locale, durable et structurante. Pour Richard Boni Ouorou, le développement de l’Afrique ne doit pas être la copie d’un modèle extérieur, mais la concrétisation d’une vision enracinée dans ses réalités. Il en fait un combat personnel, appuyé par un parcours aussi singulier que cohérent. Membre de l’équipe politique du Premier ministre canadien Justin Trudeau, auteur de trois ouvrages dont Projet pour un Bénin démocratique salué par Le Monde diplomatique, il croit en l’action concrète, sur le terrain.
« Ce qui fait la différence, ce ne sont pas seulement les idées, c’est la capacité à les appliquer », répète-t-il. Une maxime qui résume une trajectoire rare, entre continents, convictions et construction


