À moins d’un an des élections générales , l’organisation panafricaine Paradigm Initiative (PIN) tire la sonnette d’alarme. Lors d’une conférence de presse tenue à Cotonou le 4 juin 2025 , l’Organisation , spécialisée dans la défense des droits numériques, a dénoncé un climat juridique et technologique qu’elle juge répressif, évoquant les risques de dérives autoritaires en ligne à l’approche de la présidentielle de 2026.L’article 550 du code du numérique, qui parle de la diffusion de fausses nouvelles, inquiète sérieusement l’organisation. Pour PIN, cette disposition peut être utilisée pour faire taire les voix critiques, surtout en période Elle se souvient des élections de 2019 et 2021. À ces occasions, des coupures d’Internet ont été observées. Les réseaux sociaux étaient inaccessibles par moments. Des contenus ont été bloqués. Tout cela a freiné la circulation de l’information et la participation des citoyens.Même si l’Autorité de protection des données personnelles (APDP) existe, PIN estime que la protection reste faible. Des cas de surveillance sans autorisation judiciaire ont été signalés. Des pratiques qui vont à l’encontre des engagements internationaux du Bénin, selon l’organisation.Face à ces constats, Paradigm Initiative appelle le gouvernement béninois à garantir un accès libre et ininterrompu à Internet durant toute la période électorale. L’organisation insiste également sur la nécessité d’éviter l’utilisation abusive des lois contre la désinformation, qui pourraient servir à censurer les voix indépendantes ou critiques. Enfin, elle recommande de renforcer la transparence des dispositifs de surveillance numérique, en veillant à leur contrôle judiciaire effectif.Paradigm Initiative adresse aussi plusieurs recommandations à la Commission électorale nationale autonome (CENA), aux partis politiques, aux médias, à la société civile ainsi qu’aux partenaires internationaux. Il s’agit notamment de promouvoir des campagnes électorales en ligne responsables, de documenter toute violation des droits numériques, de renforcer la cybersécurité du processus électoral, et d’encourager l’éducation numérique des citoyens.Depuis sa création en 2007, Paradigm Initiative s’est imposée comme un acteur incontournable de la promotion des droits numériques en Afrique. L’organisation, qui opère dans plusieurs pays du continent, notamment au Nigeria, au Cameroun, au Sénégal, en Zambie ou encore au Zimbabwe, se distingue par ses programmes de formation et d’autonomisation des jeunes défavorisés. Ses initiatives phares, comme le LIFE Program ou les Digital Readiness Workshops, visent à doter cette jeunesse des compétences numériques indispensables pour s’insérer dans l’économie digitale.Au-delà de la formation, Paradigm Initiative développe également des plateformes innovantes telles qu’Ayeta, Londa et Ripoti. Ces outils servent à la fois à sensibiliser, à informer et à recueillir les signalements de violations des droits numériques. Forte de son expertise, l’organisation annonce qu’elle suivra avec vigilance l’évolution du climat numérique béninois pendant la période électorale, déterminée à rendre publiques toutes les atteintes aux libertés en ligne


