En Côte d’Ivoire ,la deuxième Conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones s’est ouverte le 10 juin 2025 à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. À la table ronde inaugurale, chercheurs et journalistes ont plaidé pour une collaboration renforcée entre science et médias, dans un contexte où les rumeurs et les fausses informations prolifèrent.Pour Dramane Kaba, directeur de l’Institut Pierre Richet-INSP basé à Bouaké, il ne suffit plus de produire la connaissance scientifique.
Il faut aussi savoir la transmettre, en s’appuyant sur ceux qui savent parler aux populations : les journalistes.« Les spécialistes de l’information doivent être associés à la conception des politiques de santé publique », a-t-il insisté.
Son argument est limpide : « Quand une population comprend une maladie et son origine, elle adopte les bons comportements. À l’inverse, si elle ignore le lien entre le moustique et la maladie, même une moustiquaire gratuite perd son intérêt. »Réunis autour du thème « One health » (« Une seule santé »), les participants ont appelé à briser les silos entre scientifiques, journalistes et décideurs. Une démarche indispensable, selon eux, pour que les résultats de la recherche servent réellement au développement.« Il faut donner la bonne information avant que la rumeur ne s’installe », a souligné Yao Selom Atrah du centre Africa CDC.
Pour lui, les crises de confiance naissent souvent du vide informationnel. « Quand les gens n’ont pas les bonnes données, ils croient la première version qui leur parvient, même si elle est fausse. Et il devient ensuite très difficile de les convaincre du contraire. »Même diagnostic du côté d’Edgar Valery Adjogoua, responsable des virus épidémiologiques à l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire :« Le vrai problème des vaccins aujourd’hui, c’est la communication.
Les comités nationaux existent, les systèmes de santé sont en place. Mais si le journaliste scientifique n’est pas en lien permanent avec le chercheur, l’information ne passe pas. »Intervenant dans le panel « Vaccins et controverses : comment bien traiter l’information », aux côtés de la journaliste française Lise Barneoud, Edgar Adjogoua a lancé un appel à la responsabilité médiatique :« Il faut que les journalistes scientifiques résistent aux fausses nouvelles et ne servent pas de relais à la communication anti-vaccin. Car ce que nous savons, c’est que des maladies ont été vaincues grâce aux vaccins.C’est un fait.»


