La ville historique de Ouidah, haut lieu des spiritualités endogènes, s’apprête à vivre l’un des moments les plus solennels et symboliques des Vodùn Days. Le vendredi 9 janvier 2026, à l’occasion du culte œcuménique prévu à l’Arène culturelle de Ouidah, sera consulté le Tòfá 2026, rituel divinatoire majeur consacré à la lecture de l’avenir collectif.Dans la cosmogonie Vodùn, le Fâ, également appelé Sɔ̀rù, Gobi Kombu ou Gooba, relève des créatures imperceptibles de l’Être Suprême. Il incarne le don de la clairvoyance, une science sacrée qui enseigne, renseigne et éclaire sur le passé, le présent et l’avenir.L’accès au Fâ ne se limite pas à une simple invocation. Il suppose une disposition spirituelle, un apprentissage rigoureux et une parfaite maîtrise des rites permettant d’en restituer fidèlement les enseignements. Sa consultation est un acte codifié, réalisé par ceux qui en ont la compétence, à travers un rituel approprié.Lorsque le Fâ est consulté pour l’avenir proche d’une communauté, d’une ville ou d’un pays entier, la divination prend le nom de Tòfá, appelé également Ilu Ifá en langue yoruba. Dans le Sud du Bénin, le Tòfá constitue un repère spirituel fondamental, permettant d’anticiper les grandes orientations de l’année à venir.À travers le Tòfá, sont révélées les tendances majeures qui s’annoncent sur les plans économique, climatique, sécuritaire, sanitaire et de l’harmonie sociétale. Les prescriptions qui en découlent visent à préserver la stabilité, renforcer la cohésion sociale et favoriser la prospérité collective.Le Tòfá précédent avait révélé le signe Fu Gbidi Yekou, un signe du Fâ porteur de messages puissants. Ce signe annonce protection, invincibilité et prospérité. Il traduisait une période placée sous le sceau de la résilience, de la sauvegarde et de la consolidation des acquis, malgré les épreuves.Cette révélation avait confirmé le rôle du Tòfá comme instrument d’orientation collective, capable d’accompagner la société face aux tentations.
Edouard Gnansounou


