Dans une analyse suscitée par le débat autour de l’endettement du Bénin, Daniel Edah invite à dépasser les comparaisons simplistes avec des puissances comme les États-Unis ou la France.Selon lui, l’argument consistant à dire que le Bénin serait « mieux géré » parce que sa dette par habitant est plus faible est trompeur. La question essentielle n’est pas le volume de la dette, mais la capacité d’un pays à la supporter, à la rembourser et à en faire un levier de développement.
DETTE PUBLIQUE DU BÉNIN: SORTIR DES ILLUSIONS POUR POSER LES VRAIES QUESTIONS
J’ai été impressionné par le fort intérêt suscité par ma récente publication sur l’appauvrissement de notre pays lié aux choix politiques, notamment en matière d’endettement.
Je remercie tous ceux qui ont participé au débat, pour ou contre ma position, de manière informée ou non. Dans tous les cas, j’encourage la critique et l’opposition car elles sont nécessaires pour bien avancer.Un argument revient souvent : le Bénin serait « mieux géré » que les grandes puissances parce que sa dette par habitant est plus faible. Cet argument partisan est séduisant mais faux et trompeur.
La vérité est simple : ce n’est pas la taille de la dette qui compte mais la capacité à la supporter, à la rembourser et à en faire un levier de prospérité.Quelques chiffres approximatifs en 2026:• 🇺🇸 États-Unis : dette/habitant ≈ 110 000 $ , PIB/habitant ≈ 70 000 $• 🇫🇷 France : dette/habitant ≈ 45 000 – 50 000 $, PIB/habitant ≈ 42 000 $• 🇧🇯 Bénin : dette/habitant ≈ 900 $, PIB/habitant ≈ 1 300 $
Bien que ces chiffres montrent que la dette par habitant au Bénin soit plus faible que celles des États Unis ou encore de la France, le Bénin n’est pas « meilleur » pour autant. Les grandes économies peuvent absorber des dettes élevées grâce à leur richesse et à l’accès plus facile aux marchés financiers. Une dette faible dans une économie fragile peut devenir un fardeau.Il est important de savoir que la dette n’est pas mauvaise en soi.
La dette est un outil qui peut conduire au développement ou à l’appauvrissement selon l’usage qu’on en fait.Les vraies questions à poser dans le cas du Bénin sont :
1. Pourquoi s’endette-t-on ?
2. Peut-on rembourser sans appauvrir les citoyens ?
3. La dette améliore-t-elle la vie du peuple ?
Une bonne dette finance l’emploi, les infrastructures et la croissance. Une mauvaise dette appauvrit les citoyens sans créer de richesse.Merci encore pour vos interventions.
Daniel Edah


