Au cours d’une conférence de presse tenue ce 24 juin 2026 à Cotonou, le Conseil de la Jeunesse pour la Patrie (COJEP) a dénoncé ce qu’il qualifie de détentions arbitraires visant plusieurs de ses responsables. L’organisation estime que ces militants sont poursuivis en raison de leurs prises de position contre la présence militaire française au Bénin et de leur soutien aux Forces de défense et de sécurité engagées dans la lutte contre le terrorisme. Le COJEP appelle à leur libération immédiate et réitère son opposition à toute présence de troupes étrangères sur le territoire national.
CONSEIL DE LA JEUNESSE POUR LA PATRIE (COJEP)
Conférence de presse
A propos de la détention arbitraire de nos camarades dans les prisons.
Mesdames et messieurs de la presse,
Chers camarades militantes et militants,
Compatriotes de l’intérieur et de la diaspora,
Depuis quelques années au Bénin, l’armée subit des attaques terroristes qui occasionnent plusieurs morts dans le rang des militaires et des civiles. Ces attaques se sont accentuées avec l’arrivée dans notre pays des troupes françaises.
Des organisations patriotiques dont l’APP et le CoJeP et le Front Patriotique ont fait plusieurs manifestations dans le pays pour rendre hommages à nos Forces de Défense et de Sécurité tombées sur les champs d’honneur en défendant la patrie, soutenir ceux qui sont au front et continuent de se battre et exiger le départ de notre sol, les complices des terroristes que sont les militaires français.
Pour cela, le pouvoir de Patrice Talon a déclenché une répression féroce contre les responsables de CoJeP. En effet, après les manifestations du 15 janvier 2025 à la suite de l’attaque du 8 janvier qui a couté la vie à au moins 35 militaires, deux Responsables de CoJeP à Parakou, Parfait GNAMMI et Razack SALAOU ont été arrêtés, déposés à la prison civile de Parakou et condamnés à deux mois de prison ferme. Le seul motif, c’est pour avoir soutenu nos militaires au front contre le terrorisme et encore exiger le départ des troupes françaises.
Ensuite, AFFIDJI Jelyl, un autre Responsable de CoJeP Parakou a été également arrêté le 24 juillet 2025 et transféré à l’OCRC actuel CNIN avant d’être présenté au procureur le 31 juillet 2025 puis déposé à la prison civile de Cotonou et jugé devant la CRIET toujours pour la même raison. Manifester pour soutenir les militaires et demander le départ des troupes françaises de notre pays.
Depuis lors, son dossier est renvoyé à plusieurs reprises. Au cours de son avant-dernière comparution, le ministère public a requis 6 mois d’emprisonnement ferme plus 500 000F d’amende contre lui.
Le 21 octobre 2025, le Président du CoJeP, Damien DEGBE est arrêté, condamné à deux ans de prison ferme et dix millions d’amende à l’issue d’un procès qui a connu aussi plusieurs renvois, pour avoir initié des manifestations populaires pour soutenir l’armée contre le terrorisme et exiger le départ des troupes françaises de notre pays.
Le 22 octobre 2025, Parfait GNAMMI, Président de CoJeP de Borgou, est une fois encore arrêté simplement parce qu’il est responsable de CoJeP qui mène les luttes pour l’intégrité et la souveraineté du territoire béninois. Le pouvoir de Talon n’ayant rien trouvé contre lui, déclare honteusement par sa police politique qu’il serait en train de préparer un soulèvement à Parakou. A la CRIET, les magistrats après débat sur ce chef d’accusation ont vu que cela ne tenait, ont dû requalifier les faits pour les ramener aux chefs d’accusations : harcèlement par voie électronique et incitation à la rébellion. Sur ce, le ministère public a requis lors de sa dernière audience deux ans de prison ferme plus 1000 000F d’amende.
Le jeudi 11 décembre 2025, en répondant à l’appel du Front Patriotique des organisations dont CoJeP ont commémoré le 11 décembre date de la victoire du peuple béninois sur l’autocratie du PRPB de Mathieu KEREKOU. Une commémoration au cours de laquelle ils ont réitéré leur soutien à nos militaires et exigé à nouveau le départ des troupes françaises. Là encore, Patrice Talon et son pouvoir ont déclenché un acharnement contre des Responsables de CoJeP, des travailleurs et des ouvriers.
Ainsi François-Xavier GBADESSI, Mathias ADJAI, TCHOUBA Dossou Pierre ont été arrêtés le 13 décembre 2025 et condamnés à 6 mois d’emprisonnement ferme au tribunal de Lokossa sont sortis le 15 juin 2026 après avoir purgé leur peine. Le camarade Joseph AÏMASSE, également inculpé le 16 décembre 2025 dans la foulée et trimballé de commissariat en commissariat avant d’être déposé en prison à Abomey-Calavi par le Procureur Spécial de la CRIET. Son dossier est régulièrement renvoyé. Son tort c’est toujours d’avoir demandé que les troupes étrangères notamment françaises quittent notre pays. La prochaine audience est prévue pour le 07 juillet 2026.
Pour justifier cette répression et torture de nos camarades, le pouvoir à travers les magistrats affirme qu’il n’y a pas de troupes étrangères chez nous. Aux audiences, les juges demandent à nos camarades de montrer où se trouvent les troupes françaises dont ils parlent lors des manifestations.
Or, le Président français Emmanuel Macron déclare de façon constante, encore le 10 mai 2026 lors du Sommet France-Afrique qu’il y a bel et bien des troupes françaises au Bénin, au Nigéria et au Kenya. Il est aussi connu qu’il y a des mouvements des cargos des troupes françaises à l’aéroport de Tourou à Parakou.
De même, le 07 décembre 2025 pour faire face au coup d’Etat, l’Elysée a ouvertement affirmé que les forces spéciales françaises sont venues au secours du pouvoir de Talon, confortant ainsi nos positions sur la présence des troupes françaises dans notre pays.
Donc nos camarades n’ont pas menti. Ils n’ont commis aucun crime pour être mis en prison, pire jugés et condamnés devant la CRIET.
Les faits leur donnent raison car avoir les troupes françaises chez nous ce n’est pas pour lutter contre le terrorisme, c’est plutôt pour renforcer leur domination dans notre pays. Lorsqu’on les a chassées du Mali, du Burkina Faso et du Niger, elles n’étaient pas d’accord. Elles ont commencé à organiser des attaques. Nous avons tous vu comment elles ont organisé avec leurs supplétifs terroristes l’attaque du Mali le 25 avril 2026 qui a entrainé la mort du Ministre de la Défense Sadio CAMARA. Nous avons aussi vu leur responsabilité et leurs rôles dans les deux dernières attaques de l’aéroport Diori HAMANI au Niger les 29 janvier et 18 juin 2026.
Peuple du Bénin, Mesdames et messieurs les journalistes,
Aujourd’hui le Conseil de la Jeunesse pour la Patrie (CoJeP), apprécie l’ouverture du nouveau Président Romuald WADAGNI de vouloir collaborer avec les pays voisins pour combattre ensemble le terrorisme afin de venir à bout de ce fléau. C’est ce que souhaitent depuis les peuples, les militaires ; et notre organisation porte au premier rang ce combat à travers ses manifestations populaires.
La Direction du CoJeP pose comme exigence expresse, la libération immédiate de ses Responsables arbitrairement incarcérés pour avoir défendu le pays contre l’agression coloniale et soutenu nos militaires au front contre les terroristes.
Elle demande aux magistrats de dire le droit en libérant les camarades Damien DEGBE, Parfait GNAMMI, AFFIDJI Jelly, Joseph AÏMASSE. Elle exige par la meme occasion la libération de tous les jeunes arrêtés pour délit d’opinion et qui croupissent encore dans les prisons.
Libérez nos camarades !
Troupes françaises hors du Bénin !
A bas le terrorisme !
Cotonou 24 juin 2026
La Direction du COJEP


