Les mécanismes de la désinformation et les moyens de protéger les droits numériques étaient au centre de la Digital Right Academy (DRA), organisée le 30 juin 2026 à Cotonou par Paradigm Initiative en partenariat avec Edubourse. Cette rencontre a réuni décideurs publics, journalistes, acteurs de la société civile et professionnels du numérique autour des enjeux de la gouvernance numérique en Afrique.L’un des principaux temps forts de cette académie a été la présentation des conclusions de l’étude régionale « L’Afrique face à la désinformation », menée avec l’appui du Centre de recherches pour le développement international (CRDI). Réalisée pendant près d’une année au Bénin, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Ghana et au Nigeria, cette recherche analyse les formes de désinformation, leurs auteurs, leurs modes de diffusion ainsi que leurs conséquences sur les citoyens et les institutions démocratiques.Selon Moussa Waly Sène, Program Officer de Paradigm Initiative pour l’Afrique francophone, cette étude vise à mieux faire comprendre un phénomène devenu un défi majeur pour les démocraties africaines. Au-delà du diagnostic, elle formule des recommandations à l’endroit des gouvernements, des régulateurs, des médias et des organisations de la société civile afin de lutter contre la désinformation tout en préservant la liberté d’expression.Présentant les résultats spécifiques au Bénin, Dr Wenceslas Mahoussi, représentant d’Edubourse, a indiqué que les chercheurs ont combiné enquêtes qualitatives, enquêtes quantitatives et observations des pratiques numériques. Les résultats montrent que la désinformation est relayée par une diversité d’acteurs, notamment des responsables politiques, des cyberactivistes, des influenceurs, mais aussi des citoyens ordinaires qui partagent parfois de fausses informations sans en vérifier l’authenticité. Les récits les plus répandus portent sur les questions politiques, sécuritaires et identitaires.Face à cette situation, les chercheurs recommandent de renforcer l’éducation aux médias et à l’information afin de développer l’esprit critique des citoyens. Ils invitent également les pouvoirs publics à privilégier des réponses respectueuses des libertés fondamentales plutôt que des restrictions d’accès à Internet ou des mesures de censure.Dr Wenceslas Mahoussi a, par ailleurs, salué les progrès enregistrés par le Bénin dans la promotion des droits numériques. Il a relevé la forte participation des jeunes et des femmes à cette académie, estimant que leur engagement constitue un signal encourageant pour l’avenir du numérique dans le pays. Selon lui, la création d’un ministère dédié au numérique traduit également la volonté des autorités de faire du digital un levier de développement.À l’issue de la rencontre, Paradigm Initiative a annoncé qu’elle procédera à une analyse du Code du numérique du Bénin afin d’évaluer sa conformité avec les standards africains et internationaux relatifs aux droits numériques. Les recommandations issues de cette évaluation seront soumises à l’Assemblée nationale en vue d’améliorer la protection des droits des citoyens dans l’espace numérique.Les participants ont salué la qualité des échanges et l’approche pratique de cette Digital Right Academy, qui ambitionne de renforcer les capacités des acteurs du numérique et de promouvoir une gouvernance numérique respectueuse des droits humains.


