La Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin a tenu ce jeudi 11 juin 2026 une conférence de presse, suite à la nomination des Ministres conseillers du gouvernement de Wadagni. Réunis en présence des médias et des représentants des travailleurs, le secrétaire général de la CSTB, Kassa Mampo, a évoqué les désavantages notamment économiques liés à ces nominations, pendant que les conditions des travailleurs restent, elles, inchangées.
Dans un tableau comparatif, la CSTB a mis en regard les salaires des fonctionnaires politiques, ministres, députés, préfets et chargés de mission, avec le SMIG béninois, avant d’élargir l’exercice à une comparaison avec leurs homologues français.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un ministre béninois perçoit environ 8 000 000 F CFA par mois, soit 153 fois le SMIG béninois. En France, le ministre est rémunéré à hauteur de 7 015 000 F CFA, et le premier ministre à 10 520 000 F CFA, ce qui représente 7 à 10 fois le SMIG français, lequel s’élève à 969 462 F CFA. Le comparatif s’étend aux députés et préfets béninois, qui gagnent en moyenne 5 millions de francs CFA par mois, soit 96 fois le SMIG, contre 4 fois seulement pour un député français.
Face à ce constat, la CSTB s’interroge sur le rôle réel des Ministres conseillers, qui bénéficieront eux aussi de rémunérations à la hauteur de leur rang. Kassa Mampo souligne que les ministères disposent déjà de conseillers techniques compétents pour assister les ministres dans leurs fonctions. Davantage de postes politiques, c’est mécaniquement moins de moyens pour l’État, des moyens qui pourraient contribuer à améliorer les conditions de travail des fonctionnaires, renforcer les plateaux techniques des centres de santé, ou encore permettre le reversement des Aspirants aux Métiers de l’Enseignement (AME).
La CSTB réaffirme sa volonté de défendre les droits des travailleurs en vue d’améliorer les conditions de vie de tous les citoyens béninois, qu’ils exercent dans les grandes administrations, sur les marchés ou dans les champs.
Prince DJIDONOU & Valère HOUNKONNOU




