À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées célébrée le 15 juin, l’ONG Vodel Action (Volontaires pour le Développement Local Action) a organisé un déjeuner de presse à son siège de Sèmè-Podji. La rencontre a réuni plusieurs professionnels des médias autour du thème de la lutte contre les violences et discriminations dont sont victimes les personnes du troisième âge.À travers cette initiative, l’organisation entend attirer l’attention de l’opinion publique sur la situation souvent méconnue des personnes âgées au Bénin. Selon le directeur exécutif de l’ONG, Juste Boko, les journalistes ont un rôle déterminant à jouer dans cette lutte.« Nous nous sommes dit que les journalistes sont les porte-voix de ceux qui ne peuvent pas vraiment se défendre. C’est ce qui nous a amenés à rechercher un partenariat avec les organes de presse pour mener une véritable lutte contre la maltraitance des personnes âgées », a-t-il déclaré.Au cours de la rencontre, plusieurs communications ont permis aux participants de mieux comprendre les différentes formes de maltraitance auxquelles sont confrontées les personnes âgées. Celles-ci peuvent être psychologiques, verbales ou physiques. Les échanges ont également porté sur les préjugés et les incompréhensions qui entourent souvent le vieillissement.Pour Juste Boko, l’un des principaux défis réside dans la méconnaissance des réalités liées à l’avancée en âge. Certaines maladies comme Alzheimer, le diabète, l’hypertension artérielle ou encore les séquelles d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) provoquent parfois des troubles du comportement ou des pertes de mémoire mal interprétés par l’entourage.« Lorsqu’une personne âgée perd certains repères ou tient des propos incohérents, beaucoup pensent à tort qu’elle est victime d’une malédiction ou qu’elle paie les conséquences d’actes passés. Pourtant, ces situations relèvent souvent de pathologies qu’il faut comprendre et prendre en charge », a-t-il expliqué.Les discussions ont également mis en lumière la faible prise en compte des personnes âgées dans les politiques publiques. Représentant environ 5,5 % de la population béninoise, soit près de 700 000 personnes, elles bénéficient encore de peu de mesures de protection adaptées.Face à cette réalité, l’ONG appelle les autorités à accélérer l’adoption de la loi relative à la protection et à la promotion des droits des personnes âgées, actuellement en attente. Elle invite également les familles et les communautés à faire preuve de davantage de respect, de solidarité et d’attention envers leurs aînés.Les activités marquant cette Journée mondiale se poursuivront avec une caravane de sensibilisation prévue le 20 juin.


