L’élue du BR propose une Assemblée Nationale 100% en mode pagne tissé à l’ouverture de la prochaine session À l’occasion du Débat d’orientation budgétaire (DOB) au titre de l’année 2026, tenu le mercredi 24 juin 2026 à l’Assemblée nationale, la députée Émilie Tibouté a lancé un vibrant appel en faveur de la promotion du « consommer local ».
Pendant une intervention remarquée d’une dizaine de minutes, l’élue du Bloc Républicain a invité ses collègues parlementaires à s’engager davantage dans la valorisation des produits, des talents et des richesses du Bénin. Selon elle, les ambitions de développement économique du pays gagneraient en impact si les responsables publics adoptaient eux-mêmes des comportements favorables aux filières nationales.
Dans cette dynamique, elle a exhorté les autorités à privilégier les destinations touristiques béninoises durant leurs périodes de vacances plutôt que de se tourner systématiquement vers l’étranger.La parlementaire a notamment mis en lumière le potentiel de plusieurs sites touristiques du pays, dont l’Île aux Oiseaux et Tata Somba. Elle a également plaidé pour le développement du tourisme agricole ainsi que de circuits thématiques mettant en valeur les productions locales.
Valoriser les filières locales pour créer richesse et emplois
Sur le plan de l’habillement, Émilie Tibouté a suggéré que les députés donnent davantage de visibilité aux productions nationales, notamment à travers le port de tenues confectionnées à partir de pagnes tissés béninois. Elle a toutefois précisé que son appel ne vise pas à instaurer un Parlement habillé exclusivement en tenues locales, mais plutôt à accorder une place plus importante à la consommation des produits béninois dans tous les domaines du quotidien. « Ce n’est pas un Parlement en tenue locale tous les jours, mais c’est faire une part à la consommation locale tant dans les vêtements made in Benin que dans nos meubles et nos assiettes », a-t-elle déclaré en guise de précision.Pour étayer sa vision, l’élue a mis en avant les retombées économiques qu’engendrerait un changement progressif des habitudes de consommation. Selon ses estimations, si seulement 10 à 20 % de la population consacrait chaque année 10 000 francs CFA à l’achat de produits locaux dans chaque secteur, près de 14 milliards de francs CFA pourraient être injectés dans chacun des sous-secteurs concernés et redistribués tout au long des chaînes de valeur.« C’est comme cela que nous créerons de la richesse locale, des emplois durables et décents », a-t-elle soutenuLa députée a rappelé que le tissage est déjà présent dans 66 des 77 communes du Bénin, selon la cartographie des potentiels des communes, illustrant ainsi l’importance de cette filière dans l’économie locale.Pour la parlementaire, cette démarche s’inscrit dans une vision holistique du développement où la consommation des ménages contribue directement à soutenir la croissance économique, tout en favorisant la territorialisation du développement et une meilleure répartition des opportunités à travers le pays.
Vers un « Béllywood » béninois au service du rayonnement national
L’élue a par ailleurs appelé à l’émergence d’une véritable industrie cinématographique nationale. Inspirée par les grands modèles internationaux, elle a évoqué la création d’un « Béllywood » béninois capable de promouvoir les paysages, les cultures et les talents du pays tout en créant de nouvelles opportunités économiques et d’emplois.
À travers ce plaidoyer, la députée entend faire du « Made in Benin » un véritable levier de développement, reposant sur une implication collective des citoyens, des autorités publiques et des acteurs économiques.


